V 1 à 4 : procès
et jugement d’Edom
Alors qu’il se concentre sur Israël,
Ezéchiel interrompt la suite de ses messages destinés au peuple de Dieu pour
ouvrir une parenthèse au sujet d’Edom. Ce n’est pourtant pas la 1ère
fois dans son livre que les descendants d’Esaü font l’objet de sa prophétie.
Les habitants de Séir figurent parmi les peuples listés par le prophète comme
candidats au jugement : Ezéchiel 25,12 à 14.
Les annonces émises à ce moment-là sont courtes. C’est pourquoi Ezéchiel y revient.
V 5 à 10 :
les raisons de l’hostilité d’Edom
Parmi tous les peuples qui, de
près ou de loin, ont causé du tort à Israël, Edom occupe une place
particulière. Edom n’est pas pour Israël comme les Tyriens, un peuple étranger.
Il n’est pas comme Moab ou Ammon, ses lointains cousins. Edom est le frère de
sang d’Israël, son frère jumeau né du même père et de la même mère. C’est
pourquoi, à cause de cette proximité consanguine, la méchanceté dont il a fait
preuve envers le peuple de Dieu au cours de sa dévastation est plus coupable
que celle des autres. Alors que c’est pas esprit de conquête que les Tyriens,
jaloux de la place qu’occupait Jérusalem sur le marché mondial, se sont réjouis
à la nouvelle de sa chute, Edom était motivé par d’autres sentiments. C’est par
vengeance, et en vue de dépouiller son frère de son héritage, qu’Edom s’est
joint aux conquérants d’Israël au jour de sa ruine. Les intentions d’Edom
étaient claires. Les fils d’Esaü voulaient s’adjoindre le pays délaissé pour le
réunir au leur. Il n’y aurait alors qu’un seul pays, celui d’Edom, composé de l’Idumée
et de tout le territoire d’Israël vidé de ses habitants.
La querelle qui oppose Edom et
Israël est aussi vieille que les deux frères. Ensemble dès le ventre de leur
mère, l’Ecriture rapporte qu’ils se disputaient déjà. Perplexe au sujet de cet
état de fait, Rébecca, leur mère, consulta Dieu à ce propos. L’Eternel lui dit
clairement que les deux enfants représentent deux peuples qui seront en
concurrence. Un de ces peuples, précise-t-il, sera plus fort que l’autre et le
plus grand sera asservi au plus jeune : Genèse
25,22-23. Plus tard, l’Ecriture rapporte que Jacob, le cadet, réussira
par ruse à s’emparer du droit d’aînesse méprisé par son frère Esaü, né le
premier : Genèse 27. Cette perte, qui valut
à Esaü une dévaluation de son héritage, ne fut jamais totalement oubliée par
ses descendants. Au cours des générations, l’hostilité d’Edom envers Israël ne
diminua pas. Aussi, dès que l’occasion se présenta, le frère de Jacob n’hésita
pas à prêter main forte à ses ennemis pour le combattre et le vaincre.
V 11 à 14 :
le jugement de Dieu
Dans toute sa haine contre
Israël, Edom a oublié quelqu’un : l’Eternel. Si des facteurs humains ont
joué dans la privation de la primauté d’Esaü sur Jacob, la décision qui fonda
cet ordre ne revenait pas aux deux hommes, mais à Dieu. « J’ai aimé
Jacob et j’ai détesté Esaü, dit Dieu : Malachie
1,2-3. » Le sentiment de Dieu à l’égard des deux frères ne
venait pas du tempérament dont ils ont fait preuve après leur naissance. Il
était le jugement de Dieu avant même qu’ils aient fait quoi que ce soit : Romains 9,11-13. »
Il est le fruit de l’élection souveraine et gracieuse de Dieu. Aussi, en
voulant reprendre à Israël par la violence ce dont il se croyait privé par la
ruse, Edom s’en prenait en réalité à l’Eternel, le vrai propriétaire du pays.
Le jugement de Dieu sur la haine d’Edom à l’égard de son frère sera sans appel.
Alors qu’Israël est promis à une résurrection et un nouvel avenir fait de paix
et de prospérité, Edom est voué à une destruction définitive. Les autres
nations auront part à la joie universelle au jour où le Messie de Dieu règnera
parmi son peuple. Edom, non ! Le pays restera un désert, une ruine, une
contrée inhabitée, un endroit dévasté pour toujours. Il sera le témoignage perpétuel
de la gravité du péché que représente le crime d’un proche parent aux yeux de
Dieu. La ruine d’Edom ne sera pas vaine pour son frère. Elle contribuera avec d’autres
éléments à ce qu’Israël reconnaisse en Dieu, son Dieu !
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